ce jour là, j'ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s'en trouverait changée . mais rien de cette nature n'est définitivement acquis . comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. puis se retire , et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi , devant cette espèce d' insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui , paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.

 

Nicolas Bouvier. l' usage du monde .

DSCN3266_433