15 septembre 2014

le cahier bleu

parc Guëll, là-haut, début mars la piaillerie joueuse des enfants en grappes d'écoles en bas, la ville sourdement dans la brume bleutée la mer,pour finir, immobile et froide sur un banc les gestes simples d'un voleur d'aumône midi à Barcelone fermer les yeux au soleil sur la mort de cet hiver là.   ( 1985 )  
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15 septembre 2014

le cahier bleu

n'avoir pas ce cahier cet enfantillage ce point fixe de temps à autres aurais-je l'impression de plus de dispersion ? de plus de pertes dans l'écoulement ? dans le déplacement, ce flou territorial ? les lignes ne sont rien d'autre que peur de la perte comme de la défense une illusion monotone.   l'écriture quelquechose de diffus une sourdine un peu vaine et gratifiante   l'écriture sauve de tout sauf de soi-même   l'écriture est un secret mal gardé   écrire, chiasse ambulatoire   écrire... [Lire la suite]
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13 septembre 2014

LE CAHIER BLEU

un homme assis dans la poussière fatigué ronge du pain sec du bout de ses doigts sales il est midi ici le soleil cogne dur sans nuance sans égard lui, transpire sous le peu d'ombre de son chapeau feutré sa peau sombre est luisante au mur de pierres sèches ou il est adossé flotte un quelconque papillon rien d' autre le silence il est midi dans sa vie aussi il cligne de l'oeil tant bienque mal par bonheur d'être là jouisseur de chaleur ne plus voir que des épures il songe.   ( mars 73)  
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13 septembre 2014

LE CAHIER BLEU

Cours Chazelles.   cyclistes,voitures,bruits de boulevards regards indélébiles ou traîne un reste de tristesse les oiseaux braillards en paquets dans les arbres tabac du matin brume blanchie d'octobre foulards,haleine des passants cols relevés on croit deviner comme un relent de café crème ville marine ou vont les hommes du travail sombres pressés journal sous le bras jusqu'aux grilles de l'arsenal.   ( lorient 71)
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12 septembre 2014

le cahier bleu

notre danseur   il a la tête comme celui qu'on aurait déchiré jours durants les joues creuses desyeux immenses et lumineux des cernes noires autour la sueur recouvre son front comme ceux des prolétaires et puis son corps le corps du baladin qui ressemble à une ombre à force de fluidité de formes et d'arabesques   du doigt a peine on ose le toucher d'apparence si fragile qu'oncraint pour lui le vent et puis lorsqu'il se déploie immense oiseau de feu on imagine qu'il va la nuit sans qu'âme le regarde sur un... [Lire la suite]
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11 septembre 2014

le cahier bleu

il pleut ce matin un troupeau de jeunes filles chante à deux voix sous la vérenda le vent n'est plus qui savait prendre la route le temps s'écoule le temps s'écoule les pluies suivent beaux temps pour rien comme ça.   Londres.juin 68.
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10 septembre 2014

le cahier bleu

on attend la clef dans la serrure pour se mettre à chanter on attend un mot,la vie celle des autres qui vous guerira de la votre on attend que là-bas sur le Nil les crocodiles se mettent à faire la planche on attend deux doigts de douceur la marée,la grande un signe de toi à l'horizon de ma peur mais non on se met en boule comme les bêtes rien la nuit est longue.   73
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05 septembre 2014

le cahier bleu

suis né dans une charrette sous un ciel de tonnerre suis né d'un voyage qui ne finira pas suis né maudit ou enfant sage suis né miséreux et de l' amour d'orgueil ou de folie suis né riche suis né pauvre suis né dans une impasse je suis né libre je vivrai libre.   ( juin 69 )
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04 septembre 2014

le chier bleu

dans une pièce immense et vide près de la porte fenêtre un homme seul au piano noir une gitane a moitié morte au bec joue un vieil air de jazz comme pour se consoler d'une étroite question.   (Londres 68)  
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03 septembre 2014

les miettes de la vie: le cahier bleu

la chandelle   les objets les êtres les sons et les couleurs de la droite pure aux courbes trainantes des logiques à la désinvolture elle fige tout du mal à la joie de l'envie aux rêves dans un même élan de calme depaix en rond autour de sa flamme pâle.   (Grèce 68)
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